On ne s’initie pas à la vie seulement avec des concepts, mais aussi par l’expérience et le vécu.
Comprendre ne suffit pas
Très tôt, j’ai pris conscience que penser la vie ne suffisait pas. Comprendre n’empêche ni la chute, ni à la vérité de surgir. Le réel, lorsqu’il s’impose à nous, ne discute pas. Il ne se fait pas avec violence, mais de façon implacable.
Le corps comme point d’entrée
Le réel ne se rencontre pas dans les grandes théories. Il se rencontre dans le corps. Dans cette sensation précise, au creux du ventre, quand quelque chose ne sonne pas juste. Dans ce soudain relâchement lorsqu’une parole vraie est enfin prononcée. Dans la densité d’un silence partagé, où plus rien n’a plus besoin d’être ajouté.
Le réel est sensoriel. Il se touche, se goûte, se ressent avant même de se comprendre.
La vérité n’a pas besoin de bruit
Dans notre croyance collective, nous pensons souvent que la vérité doit être expliquée, démontrée, justifiée. Et si, en réalité, la vérité se reconnaissait simplement au fait qu’elle ne crie pas, qu’elle n’insiste pas, et qu’elle s’impose par sa cohérence intérieure ?
Le réel est plus fort que nous parce qu’il ne ment jamais. Il ne cherche pas à convaincre, il révèle tout simplement ce qui est.
S’initier à la vie
S’initier à la Vie commence ici, au moment précis où l’on cesse de tricher avec nos propres perceptions. Lorsque l’on accepte enfin d’écouter ce que l’on ressent réellement. Quand on regarde ses relations, ses engagements avec lucidité, et que l’on reconnaît, sans drame et sans détour que ce n’est plus vivant.
Le réel ne nous demande pas d’être courageux. Il nous invite à être tout simplement honnêtes. Honnêtes avec notre corps, nos limites, nos véritables élans.
Retrouver clarté et vitalité
Et cette honnêteté, paradoxalement, ne nous appauvrit pas. Elle nous rend plus simples, plus clairs, plus vivants. Il existe une grande confusion autour de la joie et de la vitalité. On les imagine comme des états permanents, lumineux, spectaculaires.
Mais la vraie joie naît ailleurs. Elle naît lorsque l’on ne se ment plus. Quand ce que l’on pense, ce que l’on dit et ce que l’on vit commencent à aller dans le même sens. La vitalité n’en est que la conséquence.
Le réel comme guide
Le réel est plus fort que nous parce qu’il nous ramène, encore et encore, à la vérité. Pas une vérité morale ou idéalisée, mais une vérité incarnée. Celle qui passe par le corps, par les sens, par l’expérience directe de la vie telle qu’elle est.
Aujourd’hui, je ne cherche plus à dominer le réel, je m’y appuie. Je le laisse me corriger quand je m’éloigne, me recentrer quand je me disperse, me rappeler que la Vie ne se pense pas, elle se vit.
S’initier à la Vie, pour moi, c’est accepter que le réel soit plus fort que nous et reconnaître enfin qu’il est aussi notre guide le plus sûr.
« Le réel est notre allié, il est là pour nous initier à la vérité de ce que nous sommes. »